L’aspartame, un danger pour la santé ?

Danger de l’aspartame : deux nouvelles études qui relancent le débat

Deux études, parues simultanément, relancent le débat sur la nocivité de l’aspartame, cet édulcorant artificiel largement utilisé dans notre alimentation (produits light) et même présent dans certains médicaments.

La première étude révèle que consommer de l’aspartame pourrait augmenter le risque d’accouchements prématurés et de cancers du foie et du poumon. Menée par des scientifiques danois auprès de plus de 59 000 femmes, les chercheurs ont mis en exergue les dangers liés à la consommation de sodas gazeux non sucrés, comportant des édulcorants. L’étude montre ainsi que les femmes ayant consommé ce type de sodas avaient, en moyenne, 38% de risque supplémentaire d’accoucher d’un bébé prématuré (27% avec un soda par jour, 35% avec 2 à 3 sodas consommés et 78% avec une consommation de plus de 4 sodas par jour).

Conduite par des chercheurs italiens, la seconde étude révèle que la consommation d’aspartame pourrait accroître le risque de cancers du foie et du poumon à long terme. Cette étude, menée chez les souris et les rats, corrobore les résultats de deux enquêtes antérieures. L’édulcorant a élevé les risques de tumeurs malignes chez les rats (mâles et femelles) ainsi que chez les souris mâles (mais pas les femelles) des chercheurs italiens. Deux de leurs observations inquiètent : l’apparition de tumeurs précoces chez les animaux traités dès la vie fœtale et l’apparition de tumeurs chez les animaux exposés à de faibles doses d’aspartame (des doses proches de celles de certains consommateurs aujourd’hui).

« Est-ce qu’on attend que les études sur les rongeurs soient vérifiées chez l’homme ? » demande André Cicolella, le président du Réseau Environnement Santé (RES). Avant de poursuivre : « il faut appliquer un facteur de sécurité par rapport aux résultats de ces études et protéger la santé publique ».

Depuis plusieurs années, les chercheurs travaillent pour tenter d’établir un lien entre aspartame et cancer. En 2007, le professeur de toxicologie alimentaire Parent-Massin évoquait déjà dans nos colonnes ce lien possible.

Aspartame : doit-on s’inquiéter ?

Les deux publications récentes suscitent nombre de réactions et d’inquiétude.

Doit-on bannir sodas light, chewing-gums sans sucre et autres yaourts allégés ? Tous contiennent de l’aspartame. Cet édulcorant a été autorisé en France en 1988. Depuis, il est surveillé de près et soumis à de régulières réévaluations par le Comité scientifique de l’alimentation humaine de la Commission européenne.

A l’annonce des résultats des deux études récentes, l’Association Nationale des Industries Alimentaires (Ania) a réagi, insistant sur l’innocuité de l’aspartame, en s’appuyant sur ces fameuses réévaluations. « La présence d’aspartame dans les aliments ne doit pas inquiéter les consommateurs » a déclaré Jean-René Buisson, son président. De son côté, l’Association Internationale des Édulcorants (ISA) a également contesté les résultats des deux enquêtes, arguant que l’édulcorant reste « l’un des produits alimentaires les mieux étudiés au monde ».

Mais cela suffit-il à prouver l’innocuité de l’aspartame ? Et comment expliquer qu’une grande partie des études affirmant cette innocuité ont été financées par l’industrie alors que celles de chercheurs indépendants mettent en doute ce produit ?

Ainsi, en 1996, le psychiatre américain Ralph Walton, se lance dans l’analyse des études produites sur l’aspartame. Il met en évidence que, sur 166 études, 100% de celles financées par des fonds privés (industries agro alimentaires) attestent l’innocuité de l’aspartame, alors que 92% de celles financées par des fonds publics identifient un problème avec le produit.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) entend bien se saisir du dossier. Elle a annoncé qu’elle allait examiner « sans délai » ces nouvelles études scientifiques mettant en cause l’aspartame. Elle est rejointe par les chercheurs, qui réclament également une nouvelle évaluation des dangers provoqués par l’aspartame et autres édulcorants.

De nouvelles recommandations vont-elles être délivrées ? La dose journalière admissible – actuellement de 40 mg par kilo de poids corporel et par jour – sera-t-elle revue à la baisse ? La présence d’aspartame sera-t-elle indiquée clairement sur les étiquettes des produits en contenant ?

De nombreuses questions restent en suspend. Le Dr Chevallier, responsable nutrition du Réseau Environnement Santé et médecin au CHU de Montpellier, appelle à la prudence. Vendredi 21 janvier, il a rappelé, à l’occasion d’une conférence faisant le point sur les risques liés à l’utilisation de l’aspartame dans notre alimentation, que l’aspartame a déjà disparu de tous les plateaux repas du CHU de Montpellier depuis deux ans…

Quels produits contiennent de l’aspartame ?

Près de 6 000 produits contiennent de l’aspartame, parmi les plus connus : les boissons dites « light », certains bonbons et chewing-gums, ou encore certains chocolats et yaourts light ainsi que de nombreux produits minceur… Par ailleurs, près de 500 produits pharmaceutiques, dont des sirops pour enfant, en contiennent également.

Pour savoir si un produit contient de l’aspartame, regardez son étiquette : la mention « aspartame », « E951″ ou « nutrasweet » signifie que l’édulcorant entre dans la composition du produit.

par  Diane Mottez, 24 Janvier 2011

source : http://www.femmeactuelle.fr/sante/sante-pratique/danger-aspartame-02375

This entry was posted in horizontal and tagged . Bookmark the permalink.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

     

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>